L'artiste face à la commande par l'écrivain Didier Goupil

On a souvent tendance à opposer COMMANDE et CRÉATION - et on a tort.

La COMMANDE ne laisserait que peu de place à l’expression artistique, elle dévaloriserait l’artiste qui ne s’y soumettrait que pour de basses raisons matérielles.

C’est vite oublier qu’il n’y a pas d’oeuvre sans commanditaire, qu’il soit réel ou fantasmé, et que du Quattrocento à aujourd’hui, qu’il s’agisse de mécènes florentins, d’institutions publiques ou de la loi du marché, les artistes d’une façon ou d’une autre répondent à un cahier des charges et se soumettent à un certain nombre de règles et de contraintes.

SURTOUT, c’est se priver de LA DIVERSITÉ DES FORMES que revêt la commande et la diversité des positionnements possibles à son égard.

Non seulement la situation de commande n’est pas incompatible avec la notion d’art, mais à partir du moment où on l’envisage comme un stimulant à la création - attirant l’artiste sur un sujet, un « lieu » qu’il n’aurait peut-être pas exploré-, on peut penser qu’elle favorise et fertilise l’acte créatif.

CRÉER dans un contexte de commande ouvert et déclaré, c'est vouloir RENCONTRER l’autre, OUVRIR un dialogue avec le destinataire privilégié de son oeuvre.

C’est faire VIVRE son travail.

Didier Goupil, écrivain
Edito écrit suite à la lecture d'un essai de Gérard Blanc :
"L'auteur face à la commande"