Comment l'Art s'inscrit dans la biophilie pour améliorer l'expérience occupant ?

Vous remarquerez que chez vous, vous appréciez être entourés de couleurs harmonieuses, de végétaux, que ce soit en appartement ou dans une maison, en ville ou à la campagne . Vous aimez avoir un espace "lumineux", sous-entendu une habitation éclairée de lumière naturelle, et vous aimez peut-être même avoir un feu qui brûle (dans la cheminée ou sur Netflix 😊) ainsi qu'un point d'eau : idéalement une piscine, une marre, un couloir de nage, ou à défaut : un aquarium ou une fontaine zen. Ces attraits sont naturels, c'est la biophilie.

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Le besoin des humains à entrer en contact avec la nature, la biophilie, est un domaine d’étude émergent, qui met en avant la puissance des éléments naturels au sein des espaces de travail. Cette discipline permet de relever le défi d’intégration de la nature au sein de l'Entreprise, mais aussi de la création artistique. Quand on constate l’importance des pertes financières liées aux maladies du stress (mais aussi au manque de créativité, à l'acuité visuelle…), il est temps de mettre sous les projecteurs le pouvoir du design biophilique et le rôle que l'Art peut y jouer. Car franchement, pourquoi notre environnement de « travail » devrait être pensé différemment des espaces dans lesquels nous aimons vivre ?

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Concrètement, comment la biophilie aide à aller mieux ?

Le fonctionnement cognitif comprend notre agilité mentale, notre mémoire et notre capacité à penser, à apprendre et à produire de façon logique ou créative. Par exemple, une attention importante et intense est requise pour de nombreuses tâches récurrentes ou complexes, tels que la gestion administrative, la lecture, le calcul… L’attention est consommatrice d’énergie, et peut entraîner de la fatigue mentale et un appauvrissement des ressources cognitives (p. ex., Kellert et al., 2008 ; van den Berg et al.,2007).

Des liens forts ou réguliers avec la nature peuvent fournir des occasions de récupération mentale, au cours desquelles nos fonctions cognitives supérieures peuvent parfois faire une pause.

Les réactions psychologiques englobent notre capacité d’adaptation, notre vigilance, notre attention, notre concentration, nos émotions et nos humeurs. En contact avec la nature, nos facultés de ressourcement et de gestion du stress s'améliorent. Par exemple, des études ont montré que les expériences en milieux naturels permettent une récupération émotionnelle plus grande, avec des baisses mesurées de la tension, de l’anxiété, de la colère, de la fatigue, de la confusion et de la perturbation de l’humeur générale, par rapport à des expériences en environnements urbains, pauvres en nature (p. ex., Alcock et al.,2013 ; Barton et Pretty, 2010 ; Hartig et al.,2003 ; Hartig et coll., 1991)

Il a été prouvé que regarder la nature pendant dix minutes avant de vivre un stress mental induit une variation dans le rythme cardiaque et de l’activité parasympathique comme la régulation des organes internes et des glandes en charge de la digestion, et autres activités qui apparaissent lorsque le corps est au repos (Brown, Barton et Gladwell, 2013), tandis que regarder un paysage boisé pendant 20 minutes après un stress mental permettrait à la circulation sanguine cérébrale et à l’activité du cerveau de revenir à un état de repos (Tsunetsugu et Miyazaki, 2005).

Regarder des paysages de nature stimule une plus grande partie du cortex visuel que regarder des paysages non-naturels, et déclenche davantage de récepteurs de plaisir dans notre cerveau, menant à un intérêt prolongé et un mieux-être, une plus grande sérénité.

OK. On sait donc suite à plusieurs études que le design biophilique peut avoir une incidence majeure sur notre bien-être, notre performance et nos interactions avec les autres. Un mouvement est donc naturellement en train d'émerger à l’échelle mondiale : la création d’espaces qui inspirent, donnent de l’énergie et élèvent leurs occupants.

Quid de l'art ? En quoi les œuvres sont concernées dans le design biophilique ?

Avant tout, la conception biophilique doit permettre l’appréciation du lieu. Une bonne conception biophilique prend en compte une myriade de paramètres liés notamment à la santé, aux normes socioculturelles, aux expériences vécues, à la fréquence, à la durée de l’usage, et somme toute, à la création d’espaces sains et inspirants qui ressourcent autant qu'ils intègrent la fonctionnalité du lieu et de l’écosystème (urbain) dans lequel ils sont implantés.

Comment ne pas voir le parallèle avec l'art ? Les matières, les formes, la fracture, les couleurs d'une œuvre dépeignent des paysages. Grâce aux pinceaux et à la peinture, à la photographie et aux autres medium artistiques qui existent, les artistes font apparaître la nature là où elle n’existe pas. Certains artistes peintres hyperréalistes ou photographes semblent même quelquefois ouvrir des fenêtres sur l'extérieur grâce à leurs créations. De surcroît, l'art végétal ou le land art s'inscrivent eux aussi dans l'environnement naturel et laissent la nature modifier et faire évoluer la création.

Il y a déjà longtemps, les artistes et architectes de l’ère victorienne tels que le peintre anglais et critique d’art renommé John Ruskin s’opposèrent aux villes industrielles qu’il considérait comme une expérience déshumanisante. Ils militèrent pour des objets et des bâtiments qui reflétaient la signature de l’artisan et s’inspiraient de la nature.

Les attitudes occidentales envers la nature ont changé au milieu du XIXème siècle; les paysages naturels devenaient des sujets d’art de choix, comme on peut le voir dans les écoles d’art de Hudson River ou de Barbizon en France, ou dans le courant impressionniste qui a suivi. Les inspirations de la nature atteignirent leur apogée dans les designs d’Art nouveau. Comment oublier les ornements organiques des peintres tel que Alphonse Mucha et sa nature omniprésente ou du sculpteur et architecte espagnol Antonio Gaudi.

Les formes et motifs biomorphiques

Les études liées aux préférences de vues (Joye, 2007) sur la réduction du stress et sur l’amélioration de la concentration grâce au déplacement de l’attention révèlent que nous avons une préférence visuelle pour toutes les formes biologiques et biomorphiques (même si cela n’a pas encore été prouvé scientifiquement). Alors que notre cerveau reconnaît que les motifs et formes biomorphiques ne sont pas des véritables êtres vivants, nous les décrivons comme des représentations symboliques de la vie (Vessel, 2012).

L’objectif des formes et motifs biomorphiques est de fournir des éléments de conception représentatifs au sein de l’environnement bâti, qui permettent aux utilisateurs d’établir des liens avec la nature. L’idée est d’utiliser les formes et motifs biomorphiques d’une manière qui puisse créer un environnement visuellement agréable, améliorant les performances cognitives tout en contribuant à réduire le stress. Un espace avec un bon motif ou un modèle biomorphique est confortable, voire même captivant ; il se prête à la contemplation. Ce sont les formes et motifs inspirés de la nature…et la nature a horreur des angles droits et des droites.

L’Hôtel Art nouveau Tassel à Bruxelles réalisé par l'architecte Victor Horta en 1893 est un de nos exemples favoris pour ses formes et motifs biomorphiques. L’espace intérieur est ponctué d’analogies naturelles avec des formes évoquant la vigne peintes sur les murs, dessinées sur les rampes et balustrades, les mosaïques de sol, les détails des fenêtres, et sur les meubles et les colonnes. Les marches courbées à plusieurs niveaux semblent faire référence à des coquilles ou des pétales de fleurs (Terrapin Bright Green).

La nature réelle ou la nature dans des œuvres d'art

Les recherches sur les préférences visuelles indiquent que la perspective préférée est celle d’une vue plongeante d’une colline qui comprend dans le champ de vision des bosquets d’arbres feuillus, de plantes à fleurs, d’animaux calmes non-menaçants, d’indications d’habitations humaines et de plans d’eau propre (Orians et Heerwagen, 1992). On comprend facilement comment ceci est souvent difficile à atteindre dans l’environnement bâti !

L’objectif du lien visuel avec la nature est de fournir un environnement qui aide l’individu à détourner son attention afin de reposer ses muscles et d’atténuer la fatigue cognitive. Avec une œuvre d'art qui représente cette nature, le procédé fonctionne aussi. Les connexions symboliques à la nature semblent avoir un effet presque aussi important sur les personnes qu’un lien direct avec elle : c'est le cas avec des fresques, peintures, photographies empreintes de nature et de paysages par exemple.

Comparativement à ceux qui travaillent dans des environnements dépourvus de connexion à la nature, les employés au contact visuel avec la nature :

  • notent une hausse de 15% de leur sentiment de bien-être

  • sont 6 % plus productifs

  • sont 15 % plus créatifs

Si vous pensez vous aussi que la biophilie et l'Art sont une solution à l’amélioration du bien-être de vos collaborateurs, prenez quelques minutes pour nous contacter et discutons concrètement de l’aménagement artistique et naturel de vos espaces de travail